Budget 2023 : l’intervention de Nathalie Béranger (#CMGrenoble)

par | Mar 13, 2023 | Interventions

L’intervention de Nathalie Béranger à propos du budget 2023 lors du conseil municipal.

Monsieur le Maire,

Tout a été dit et redit sur ce projet de budget que vous nous proposez, sur ses conséquences dramatiques pour les contribuables grenoblois qui payent déjà l’explosion du coût de la vie, sur la réalité de votre prétendu “bouclier social et écologique” qui n’est qu’un leurre, sur l’impasse dans laquelle vous avez conduit les finances de la ville après près de 10 ans de mandature.

Je me permettrai de paraphraser une figure tutélaire de la gauche, bien connue en Isère : “Gouverner c’est choisir”. Nous l’avons déjà dit, et nous vous le redisons, Monsieur le Maire : d’autres choix sont possibles.

J’ai l’insigne honneur, et le plaisir, de siéger au sein de deux assemblées délibérantes : le conseil municipal de Grenoble et le conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes. Je ne ramènerai pas dans cette assemblée des débats régionaux, mais la comparaison de la gestion des deux collectivités me paraît pertinente en ce qu’elle éclaire justement le fait que l’élaboration d’un budget est une question de choix : 

  • En 2023, le budget d’investissement de la Région au service des habitants est plus de 2x plus élevé qu’en 2015. Le ratio de désendettement a été divisé par 2, et ce sans augmenter d’un seul centime les impôts, mais en mettant en œuvre un plan précis d’économies de fonctionnement.
  • En 2023, la ville de Grenoble, en est rendue à augmenter les impôts jusqu’à faire de nous la 1ère des grandes ville de France pour la taxe foncière, à vendre des SEM stratégiques pour le territoire, son encours de dette n’a cessé d’augmenter, les dépenses de fonctionnement également, et le plan d’austérité du premier mandat a laissé une cicatrice indélébile pour nos services publics. 

Cette situation n’est pas inéluctable, et vous avez encore la possibilité d’amender votre budget pour éviter de l’aggraver encore davantage. C’est le sens de nos propositions d’amendements pour rectifier votre budget, et limiter la casse sociale pour les Grenoblois.

Je me permets donc de vous soumettre un premier amendement qui concerne l’ancien musée de peinture de la place de Verdun. Vous le savez tous, cet édifice est dans un état de dégradation avancée, et l’étude que nous avons obtenue l’an dernier après saisine de la CNIL établit à 20 millions d’euros le financement nécessaire pour en refaire un équipement viable.

Nous ne disposons bien sûr pas d’une somme aussi conséquente. Et pendant que le musée est voué à être sous-utilisé, eu égard à l’utilisation que nous pourrions en faire si il était pleinement efficient, nous payons chaque année des charges de fonctionnement qui ne manqueront pas cette année encore d’augmenter avec l’inflation.

Pour répondre au double objectif de nous décharger de cette dépense, mais aussi d’enfin refaire de ce musée un fleuron du patrimoine grenoblois, je vous soumets donc l’amendement suivant : 

Amendement 1

Considérant le coût de fonctionnement de l’ancien Musée-bibliothèque de la place de Verdun supporté par le budget de la ville, 

Considérant la très forte dégradation de l’édifice et l’étude selon laquelle il nécessite de l’ordre de 20 millions d’euros d’investissements,  

Le Conseil Municipal décide d’élaborer un cahier des charges énumérant les attentes de la ville pour cet équipement et de lancer un appel d’offres international pour proposer une délégation de service public de l’ancien Musée de Peinture.

Cette procédure soulagera la ville d’un investissement à sa charge, et permettra de sauver un patrimoine en danger en le restaurant grâce à un opérateur extérieur.

Les économies de fonctionnement ainsi dégagées seraient affectées à une réduction de l’augmentation de la part communale des impôts locaux.

Le second amendement que je vous soumets a une portée plus symbolique, mais ce serait un signal fort envoyé aux habitants qui subissent la hausse des prix de l’énergie.

Il y a deux ans, nous avions un débat au sein de cette assemblée à propos des dividendes reversés par GEG à la ville de Grenoble, actionnaire à 17%.

Pour l’exercice 2020, GEG reversait en effet plus de 5 millions d’euros à ses actionnaires. Soit environ 850 000 euros pour la ville de Grenoble. Pour l’exercice 2021, c’est désormais 2 088 000 euros que GEG entend reverser en dividendes. Soit 348 000 euros pour la ville. 

Bien sûr, ces montants n’auront pas un impact exceptionnel sur la facture d’énergie. Mais vous comprendrez, j’en suis sûre, qu’il serait difficile d’expliquer aux Grenoblois que, d’un côté, leur facture de gaz et d’électricité augmente avec GEG, mais que dans le même temps, la société verse des dividendes à la ville… qui elle fait augmenter leur taxe foncière !

Aussi, nous vous soumettons l’amendement suivant : 

Amendement 2

Considérant que la société GEG a versé 5 004 000 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires pour l’exercice 2020, et 2 088 000 millions d’euros pour l’exercice 2021,

Considérant que la hausse des factures d’énergie impacte très fortement le pouvoir d’achat des ménages,

Le Conseil Municipal décide de renoncer à la perception des dividendes qui reviennent à la ville de Grenoble en tant qu’actionnaire de GEG, afin de permettre à la société de dégager des marges de manœuvres pour amoindrir le montant des tarifs d’énergie proposés à ses usagers.

Groupe d’opposition
Société civile, divers droite et centre

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38000 GRENOBLE

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