Monsieur le Maire,
Soyons clairs d’abord. Les impôts des grenoblois vont augmenter de la revalorisation des bases. Près de 6 millions d’euros supplémentaires vont être prélevés sur le contribuable grenoblois. Ce n’est pas rien. Rappelons, pour qu’on comprenne l’ordre de grandeur que 30 % d’impôts rapportent de l’ordre de 44 millions d’euros. On va donc sentir les 6 millions. Si vous aviez voulu que les impôts n’augmentent pas, il eût fallu baisser les taux à proportion. Dans une grande ville qui est la première pour l’impôt, c’est ce qui se serait passé si vous aviez maîtrisé enfin votre gestion.
Pour le reste je voudrais rester simple. L’année dernière avec l’augmentation d’impôts vous avez aligné les recettes sur les dépenses. Une opération sans anesthésie pour les Grenoblois. Violente. Très douloureuse. Qui a engendré des drames. Des personnes âgées notamment contraintes d’abandonner leur logement. D’autres de le vendre à perte. D’autres décidant, à moyen terme, de fuir la ville plus faites pour eux.
Vous avez aligné les recettes sur vos dépenses de fonctionnement qui augmentent, sur l’encours de la dette qui augmente, et vous nous dites aujourd’hui regardez comme je suis beau, regardez mes ratios, il n’y a pas d’effet ciseaux. tout se tient à l’instant. J’avais 100 de dépenses et j’étais très en difficultés, j’ai hissé mes recettes à 100. Me voila équilibré.
C’est à la portée du premier venu. Pas besoin de votre génie particulier. Il n’y a aucune valeur ajoutée de votre majorité municipale.
Car il faut bien que les Grenoblois comprennent que si nos deux bras sont bien a égalité aujourd’hui, celui de la dépense et celui de la recette, celui de la dépense poursuit sa course folle. Les dépenses de fonctionnement et l’encours de la dette augmentent, sont sur la même trajectoire financière que précédemment. Rien n’est changé après le choc du plan d’austérité de 2016, le choc des impôts de 2023.
Nous l’avons établi dans un tableau que nous présentons.
Il faut que les Grenoblois sachent que l’actuelle municipalité engage des frais de fonctionnement supplémentaires, sur des compétences complémentaires qu’elle s’octroie, comme la sécurité sociale alimentaire par exemple, dont elle ne maîtrise aucunement les coûts futurs. On commence par 500 000 € pour voir. Bien entendu, elle ne réalise aucune économie nulle part ailleurs pour compenser ces engagements nouveaux.
On a donc un bras qui va continuer à monter et l’autre, celui de l’impôt, qui est arrêté au niveau d’aujourd’hui qui devra inéluctablement suivre si on continue avec vous, c’est-à-dire sans vous mais avec Laurence Ruffin.
Nous l’avions dit aux Grenoblois en 2020 : sans réforme de structure, l’augmentation d’impôts sera inéluctable. Vous garantissiez le contraire aux électeurs.
Tout ceci, on ne le dira jamais assez, avec un niveau d’investissement très faible par habitant comparativement aux villes de notre catégorie.
Mais nos concitoyens doivent bien comprendre également que cette menace d’un nouveau typhon financier est d’autant plus grave que la métropole est dans la même situation. Pour qu’on comprenne bien, par exemple, à partir de 2026 il n’y a plus un centime d’euros pour la voirie et les trottoirs mais vous avez engagé la construction d’un siège de 110 millions d’euros. Comme à la ville, vous avez acquis et mis aux normes à grands frais le siège d’une banque, alors que nous avons tant de locaux vides.
Pourquoi je mêle les deux : parce que la première cause de l’explosion des dépenses de fonctionnement est l’échec de la métropolisation qui devait conduire à une mutualisation des moyens ville centre/métro. Et ne venez pas nous dire que c’est à cause du vilain Christophe Ferrari puisque la Métropole s’est construite quand vous l’aviez choisi comme Président entre 2014 et 2020 et que vous viviez un idylle politique avec lui.
Ce qui est amusant, d’une certaine manière, quand je lis ce qu’écrivent les élus de votre majorité dans le bulletin de l’ADES, à savoir qu’ils demandent à la métropole de faire des économies de fonctionnement, que vous ne savez vous-même pas faire, et d’augmenter les impôts, ce que vous savez effectivement faire.
Mais qu’est-ce que tout cela signifie si on en tire l’enseignement global : ni à la ville, ni à la métro vous n’êtes capables de réaliser les synergies et les regroupements qui permettraient de réelles économies de fonctionnement. Et il faudrait les faire ensemble, ce dont vous êtes aussi incapables, si bien que l’un et l’autre, à partir de 2026, devrez faire appel à la fiscalité. Vous le reconnaissez pour la métro, mais comme en 2020 avant les élections, vous ne l’avouez pas non plus pour vous-même
Mais pour le malheureux contribuable la sentence est la même. Je signale aux Grenoblois que les élus Verts/Ades prévoient déjà que le taux de taxe foncière de la métropole augmenterait de 132 %, passant à 3 % rapportant 12 millions d’euros supplémentaires. Mais ce n’est évidemment pas à la hauteur de l’impasse financière de la métropole et de sa dette. Pas plus qu’à Grenoble, où le nouvel ajustement à la dépense serait considérable.
Je le dis maintenant et je le répéterai inlassablement dans les 15 mois qui viennent. Il va falloir beaucoup de courage et d’imagination pour stopper et inverser cette spirale. Il ne va pas falloir avoir peur. Au niveau des services il faut organiser une sorte de fusion ville-centre/métropole, revoir toute la gestion du patrimoine des deux collectivités, afin de dégager des économies fortes. Se concentrer sur le service rendu aux citoyens.
Votre budget est un faux semblant. Il retient son souffle pour tenir jusqu’à mars 2026 sachant bien que les mêmes causes produiront les mêmes effets et qu’au printemps 2026, la ville et la métropole se retrouveront face au mur de la dépense et de la dette.
Vous le savez. Nous le savons. Nous proposons une alternative et vous de poursuivre dans ce mur. Les Grenoblois auront à choisir.