Monsieur le Président,
Je profite une nouvelle fois de cette délibération sur la “stratégie métropolitaine pour le commerce de demain” pour vous parler du commerce d’aujourd’hui, voire même ceux d’hier qui ont déserté Grenoble.
Il y a quelques mois vous avez joué les gros bras dans les médias face au départ d’enseignes grenobloises vers Neyrpic. Des départs tristement prévisibles qui ne vous avaient pourtant pas empêché de signer un protocole d’accord avec le promoteur en 2018, de toute évidence très mal ficelé puisque vous vous êtes faits avoir comme des bleus.
On se rappelle en octobre dernier de Barbara Schuman “très en colère”, affirmant à propos de ce protocole qu’on “va veiller à ce qu’il soit appliqué et respecté”. Vous surjouiez l’indignation face aux conséquences de vos propres actes, car Neyrpic c’est de votre faute, on ne le rappellera jamais assez.
Vous affirmiez la main sur le cœur que vous alliez demander des comptes à Apsys, alors que le promoteur affirme avoir bien respecté tous ses engagements. Un grand numéro de tartufferie.
Côté ville de Grenoble, c’était pareil. Alan Confesson bombait le torse et clamait : “on ne se laissera pas faire. On étudie les possibilités de réaction devant la justice”. Ce qui n’avait clairement pas fait trembler Apsys puisque le promoteur l’avait renvoyé dans les cordes en le rappelant aux sujets d’attractivité et d’accessibilité de la ville qu’il ne daigne pas traiter.
Aujourd’hui, plusieurs mois après l’ouverture, force est de constater qu’au-delà de vos grandes déclarations, on a rien vu de concret. On a évidemment pas vu revenir d’enseignes à Grenoble, la ville n’est ni plus attractive ni plus accessible. Et on ne sait pas où vous en êtes de vos intentions de mener la bataille contre le promoteur.
Madame Schuman, Monsieur Confesson, pouvez-vous nous dire ce que vous avez fait depuis octobre, quels résultats vous avez obtenu, quels engagements vous avez arraché d’Apsys ? Car les commerçants et les grenoblois sont en droit d’attendre de leurs élus autre chose que des déclarations jamais suivies d’effet. Nous vous demandons des comptes.
Et puisque nous sommes sur ce sujet, qu’en est il de la situation du dernier commerce qui subsiste à Villeneuve avec la boulangerie réinstallée ? Le multiservice qui rend énormément de services comme commerce de proximité doit être déplacé et la métropole veut faire signer un bail permettant son éviction sans droits.
Dans ce quartier sensible, j’appelle les élus concernés à s’impliquer afin de ne spolier personne. Le quartier a vécu des années sans commerce, espérons que l’expérience de la boulangerie tiendra et que vous ne sabrerez pas ce qui fonctionne encore.
Je vous rappelle que tout le sud de Grenoble est pratiquement sans commerces de proximité du fait de la création de Grand Place, cet aspirateur à consommation qui a détruit tous les équilibres du sud et qui est évidemment une faute urbanistique qu’il faut sans cesse réparer. Je vous appelle à faire de la dentelle avec ce qui subsiste.