Monsieur le Maire,
Votre refus de faire figurer les noms de Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing à Grenoble démontre à nouveau le sectarisme éhonté de votre municipalité. D’autant qu’au décès de chacun d’eux vous aviez annoncé qu’une rue, une place ou un site porterait leur nom.
À tous les deux ils représentent près de 20 années de présidences de la 5ème République et leurs noms seront absents à Grenoble, il n’existeront pas dans la mémoire de la ville. Nous savons tous l’importance que vous accordez à la création de l’imaginaire de chacun, vos attaques contre des publicités reprennent sans cesse cette thématique, car en réalité vous voulez vous-même les façonner sur votre modèle. Vous ne faites pas confiance en la capacité des citoyens à arbitrer par eux-mêmes, à évoluer ou pas par eux-mêmes.
Les noms de Chirac et Giscard sont une symbolique aussi, des présidents de droite. Il y a donc François Mitterrand mais pas les autres.
C’est particulièrement injuste pour Jacques Chirac qui est beaucoup venu à Grenoble. C’est à Grenoble qu’il a effectué son stage de l’ENA à la préfecture et c’est à Grenoble qu’il a découvert les joies de la politique avec un sous préfet, Marcel Abel, qui lui a fait parcourir les comices agricoles, les plaisirs des échanges avec les habitants, cette forme d’empathie qui a ensuite caractérisé sa personnalité publique tout le reste de sa carrière.
Quand, comme Maire en 1984 je lui ai remis comme cadeau son rapport de stage dans un étui de cuir, Bernadette Chirac m’a glissé à l’oreille, « c’est à Grenoble que j’ai compris que je perdais mon mari ».
Votre décision est une négation, une amputation de l’histoire de la Vème République, un non-respect de la démocratie et du pluralisme et je vous indique tout de suite qu’en cas du changement que nous espérons pour Grenoble, nous rétablirons cette histoire, cette mémoire, ce pluralisme et ce respect de la démocratie que vous piétinez.