Monsieur le Maire,
Je profite de cette délibération qui concerne la mise à disposition de locaux pour les prestations de médiation sociale pour manifester à nouveau notre scepticisme, et le mot est faible, sur la politique que vous menez en la matière.
Vous avez en effet décidé de vous lancer dans la création d’une nouvelle structure usine à gaz qui absorbe les correspondants de nuit de la régie de quartier.
Pour notre part, nous ne pensons pas que ce type d’initiative soit à même de résoudre les problèmes d’incivilité et d’insécurité auxquelles sont confrontés les Grenoblois. Les médiateurs envoyés sur le terrain n’ont pas les prérogatives nécessaires pour réellement assurer la tranquillité de l’espace public.
Il suffit pour s’en rendre compte de lire les comptes rendus de médiation. Je vous cite quelques extraits récents pour que chacun se rende bien compte des limites du dispositif :
- Le 22 mai 2024. Lycée Notre-Dame. “Ambiance tendue. Groupe de jeunes à l’arrêt de tram. Le groupe de jeunes empêchait le tram de partir en bloquant la fermeture des portes. Les médiateurs sont allés discuter avec le groupe. Aucune collaboration possible”.
- Le 24 mai 2024. Parc Pompidou. “Les jeunes consomment de l’alcool et du cannabis Nuisances sonores dues à la musique. Les médiateurs demandent que la musique soit baissée un minimum. Appel au règlement concernant le cannabis. Certains ont collaboré d’autres non”.
- Le 25 mai 2024. À la Chaufferie. “Quelques points de deal. Quelques jeunes consommaient de l’alcool. Les médiateurs sont intervenus auprès des jeunes qui consommaient de l’alcool et on fait un rappel au règlement. Aucune collaboration de la part des jeunes”.
- Le 15 juin 2024 : “Observations : Vente de cannabis au Chemin de Chapitre, regroupement de jeunes au lycée Mounier. Suggestions : Faire intervenir la police pour gérer la vente de cannabis et continuer à sensibiliser les jeunes”.
Et on pourrait continuer encore longtemps. Que personne ne se méprenne : nous ne remettons pas en cause la bonne volonté des agents de médiation. Mais en réalité, avec ce système ambigu, vous mettez en danger des intervenants qui ne sont pas assermentés.
Malheureusement, on le voit, plus que des médiateurs, il faudrait davantage de policiers municipaux présents sur l’espace public. Ce que nous réclamons en vain depuis le début du mandat.
À ce sujet, Gilles Namur a récemment annoncé à des habitants la création d’une brigade spéciale de police municipale “espace public” pour lutter contre les voitures mal garées, les dépôts sauvages, les problématiques liées aux chiens…
Peut-on en savoir davantage à ce sujet ? Quand sera-t-elle opérationnelle, sur quel secteur, avec quels effectifs ?
Je vous remercie.