Monsieur le Maire,
Par ses objectifs, cette délibération nous semble aller dans la bonne direction. Nous voulons ici remercier Amel Zenati pour son gros travail sur le sujet, à l’époque où vous la considériez comme encore suffisamment fréquentable pour appartenir à votre majorité, si j’ose dire.
J’aurai tout de même quelques bémols à apporter à la délibération. Sur la forme de l’exercice, tout d’abord. On retrouve vos fameuses délibérations-cadres très incantatoires, avec à chaque fois une sympathique présentation qui décline des axes, des objectifs et une myriade d’actions à mettre en place.
Mais comme d’habitude avec cet exercice, le conseil municipal n’entendra plus parler de tout cela. La presse non plus. Nous n’aurons pas de bilan, les Grenoblois non plus. Chaque conseil fonctionne sur ce modèle : on enchaîne les effets d’annonces, puis plus aucune vérification des résultats concrets.
Je ne peux ensuite m’empêcher de sourire à la lecture de votre objectif de mettre en place l’open data et rendre la donnée accessible au plus grand nombre. L’ambition est louable mais au-delà même du numérique, combien de Grenoblois vous écrivent, vous saisissent directement ou vos adjoints, et n’obtiennent pas les informations demandées ni même de réponse ?
Les conseillers municipaux ne sont pas mieux lotis. Nous devons régulièrement saisir la CADA pour se voir communiquer des documents que nous sollicitons. L’exemple le plus édifiant étant le rapport sur l’ancien musée de peinture de la Place de Verdun, que vous avez tenté de nous cacher parce qu’il est accablant sur son état : il faudrait 20 millions d’euros pour les rénovations nécessaires. Ça fait tâche alors que vous tentez de masquer votre absence d’intérêt pour les sujets patrimoniaux en rénovant la tour Perret pour occulter tous les édifices que vous avez abandonnés.
Autre exemple, nous sollicitons depuis le début du mandat et en vain jusque-là l’organigramme détaillé des services de la ville. Une ville qui prétend rendre la donnée accessible ne devrait-elle pas commencer par cet exercice de transparence sur son propre fonctionnement ?
Autre objectif particulièrement contradictoire avec la pratique, celui qui voudrait, je cite, “promouvoir une citoyenneté participative et active grâce au numérique”. Votre délibération vante ainsi la plateforme participative en ligne de la ville et de la métropole, qui permettrait selon vous de “donner de la lisibilité et un accès simplifié aux dispositifs de participation”.
On en est pourtant très loin. En fait, c’est même l’inverse. Cette plateforme éloigne plutôt le citoyen des dispositifs car pour simplement signer une pétition dessus, il faut s’inscrire en donnant toutes ses informations et cela prend 14 étapes qui découragent jusqu’aux plus volontaires.
Vous le savez puisque de nombreuses personnes invitées à le faire pour voir leur interpellation pris en compte (ce qui en soi est déjà une hérésie alors que vous vantez “l’inclusion des usagers”) refusent de le faire car ils savent que récolter des signatures deviendra une tâche à plein temps pour eux qui ne sont pas des citoyens professionnels.
En résumé, si nous vous rejoignons sur les objectifs de manière générale, nous aimerions que les ambitions de la délibération concordent vraiment avec leur mise en application.