Monsieur le Maire,
À l’occasion de cette délibération, je voudrais insister sur la dégradation inacceptable de ces quartiers qui s’accélère de manière inquiétante. Plus je rends visite aux habitants, plus je suis stupéfait de l’irresponsabilité dans la conduite de la politique du logement. Il semble ne plus y avoir de pilote dans l’avion.
Le cumul des attributions de logements à des primo arrivants, aux familles des campements parfois dans le même immeuble, ajoutés aux locations effectuées par des associations, à la procédure de la Métropole qui permet de garantir à des propriétaires 5 ans de loyer et la remise à neuf de l’appartement, ajouté aux squats de HLM comme on le voit place des Géants, est une catastrophe sociale.
Il faut bien que les élus comprennent que des femmes chefs de famille en particulier vivent dans la peur. J’ai visité deux femmes au Village Olympique, étrangères d’ailleurs, qui vivent dans un immeuble où trois familles de la même communauté ont été logées et vivent un enfer. C’est totalement irresponsable. C’est une violence faite aux femmes dont vous ne parlez jamais.
Vous savez ce qu’il en est au 50 place des géants où les habitants doivent supporter tous les rez de chaussée squattés, l’espace public dégradé et un appartement réservé à la prostitution avec canapé salle d’attente à l’étage. Un père de famille Camerounais m’a expliqué qu’il voulait partir pour sauver ses enfants. Vous savez ce qu’il en au 60 galerie de l’Arlequin où des appartements ne trouvent plus preneur et servent aux trafics.
J’attire votre attention également sur les copropriétés de ces quartiers. Il faut absolument les épargner, les protéger. On ne peut pas loger aussi dans une copropriété d’un quartier politique de la ville, des familles en difficultés comme on le fait. Les derniers copropriétaires vont partir.
J’appelle la majorité municipale à se ressaisir. Deux élus de votre groupe président Grenoble-Habitat et Actis, vous êtes en lien avec les associations que vous subventionnez qui louent ou achètent des logements , il faut coordonner tout cela, responsabiliser chacun, sinon la ghettoïsation va atteindre des proportions insupportables et peut être un seuil irrémédiable.